Maison de retraite – residence tuileries-musau – Strasbourg
A. LE PROJET ARCHITECTURAL
A.1. Conception générale de l’établissement
Ce projet d’établissement médico social, « Lieu de vie pour malades mentaux vieillissants », à l’angle de la rue de Gerstheim et de la rue du Maquis est, d’un point de vue volumétrique, constitué d’un bâti en forme de « L » et d’un autre en forme de « quart de cercle », ces deux corps de bâti s’articulant au moyen d’un volume vitré de transition
entre le domaine public et le jardin intérieur.
La zone d’hébergement s’organise sur trois niveaux au moyen du volume en forme de « L » et abrite les logements; elle est articulée à sa jonction par l’espace vitré de faible profondeur tenant lieu de Hall d’orientation et accueillant les familles et amis des personnes âgées.
Le volume vitré de transition assure la « perméabilité visuelle » nécessaire au-delà de la limite physique entre l’espace public non bâti – le cheminement d’accès – et la terrasse de plain-pied ainsi que le jardin intérieur – les espaces de détente et de repos propres à la maison de retraite. Cette transparence au niveau du rez-de-chaussée permet de
mettre en « communication visuelle » le monde « intrinsèque » des personnes âgées et le monde extérieur.
Enfin, il relie la zone d’hébergement à la zone d’activités collectives abritée par le bâtiment en « quart de cercle » implanté sur la ligne de recul constituant le front bâti du projet sur la rue de Gerstheim : organisé sur deux niveaux, il abrite les locaux communs tels que Salle à manger au rez-de-chaussée et Bibliothèque / Diverses activités conviviales à l’étage.
De par sa configuration ouverte à la croisée des rues sur l’animation urbaine , ce volume génère l’architecture singulière du projet, symbolise l’identité de l’établissement et requalifie les préexistences du lieux. La convexité d’une de ses façades contribue aussi à mettre en évidence, vue de la rue, l’espace d’accès à l’établissement selon une progression d’appropriation de l’espace ainsi définie :
Voie publique / Square semi-privatif / Parvis / Accueil et Hall d’orientation.
Cette succession d’espaces non bâtis est conçue pour infiltrer en profondeur l’épaisseur des masses bâties et de ce fait, incite les personnes intéressées ou le simple observateur à s’engager dans le cheminement d’entrée de l’édifice; elle a en outre, pour corollaire, de magnifier en avancée cette partie du projet telle la proue d’un navire.
A.2. Secteurs fonctionnels constituant l’établissement
Fondamentalement, le projet d’institution médico-sociale comporte 40 logements ( 38 F1’ et 2 F1 Bis) équipés de locaux communs : trente de ces logements seront affectés à l’ensemble du rez-de-chaussée et en partie à l’étage au titre de la création d’une Maison de Retraite et les dix restant affectés à l’étage dans l’aile Nord-Ouest au titre de la création d’un Foyer d’Aide Spécialisé (Lieu de vie).
D’un point de vue descriptif et fonctionnel, les locaux sanitaires sont constitués d’une salle de bain commune par niveau, de toilettes séparatives par niveau et d’une lingerie par niveau et par aile avec un équipement permettant à chaque pensionnaire de laver et de repasser son petit linge. L’ensemble de ces équipements sanitaires sera implanté à
proximité immédiate des locaux communs affectés à la restauration et aux activités de loisirs et de détente.
La salle à manger s’organise dans un espace intégrant le traitement acoustique à la forme et au volume du local, elle sera implantée au rez-de-chaussée avec la possibilité de bénéficier de la proximité de la terrasse ensoleillée côté jardin intérieur. Un local affecté à la cuisine et à la plonge est contigu à celle-ci.
La Salle de lecture ainsi que la Petite bibliothèque et les diverses activités conviviales seront situées à l’étage dans un volume à hauteur variable et seront attenants à une « tisanerie-office » avec coin-repas où pourront être servis les goûters.
Enfin, les locaux administratifs seront constitués d’un local administratif placé au rez-de-chaussée à l’accueil, un logement pour le veilleur est prévu à l’entrée avec une large vue sur le cheminement d’accès.
Quant au bureau du responsable de l’établissement, il sera situé à l’étage, contigu au dégagement et avec vue sur le jardin intérieur, le bureau pour le médecin vacataire, le personnel infirmier et les animateurs sera également situé à l’étage entre le dégagement principal et les locaux communs affectés aux activités de groupe.
B. L’INSERTION DU PROJET DANS LE PAYSAGE
B.1. Description du site
Le terrain d’assiette du projet de Lieu de Vie se situe à l’intersection de la rue de Gerstheim et de la rue du Maquis dans une zone résidentielle dont la structure des espaces bâtis est hétérogène.
Ces voies délimitent les configurations urbaines suivantes :
- Au Nord-Ouest, une « parcelle-îlot » lisière d’un tissu urbain en « plan ouvert » au bâti
non ordonnancé par la rue (immeubles « barre »); - au Sud/Sud-Ouest, le terrain d’assiette de l’édifice d’une superficie de 28 ares contigu à
un ensemble de parcelles bâties constituant une poche résiduelle de tissu urbain ouvert
désordonné ( maisons d’habitation à « l’échelle domestique » ).
Le terrain est limité : - au Sud/Sud-Est, par le domaine S.N.C.F. constituant un talus boisé où passe la voie
ferrée « Strasbourg Port-du-Rhin »; - au Nord-Est, le paysage est limité par la rue du Maquis et ledit talus. Ici le bâti est
constitué par un ensemble d’entrepôts et d’ateliers bordant la rue pour venir aboutir à
une configuration organisée autour d’un ensemble de maisons d’habitation « d’allure
vernaculaire » définissant une cour contigüe à la rue du Maquis à la hauteur de
l’intersection de la rue de Gerstheim.
B.2. Prise en compte du paysage par le projet
Le tissu urbain ne dispose pas de cohérence urbaine, il est caractérisé par une disparité de volumes bâtis existants en raison de la proximité immédiate d’un ensemble de garages implanté en bande parallèlement au « talus S.N.C.F. » et par la quasi absence d’une implantation du bâti parallèlement à l’alignement de la voirie, celle-ci est en quelque sorte « déconnectée » du rapport à l’espace bâti.
Le projet architectural du lieu sus-énoncé est donc d’un point de vue urbanistique, une configuration bâtie traduisant un rapport spatial à la rue notamment conçu en vue d’une requalification spatiale de l’intersection des « rues protagonistes du projet » permettant une refonte de l’identité du lieu .
Son insertion dans le site est composée d’une part, d’une implantation traditionnelle des masses bâties le long des voies et d’autre part, d’un dialogue entre l’intersection des rues et le cheminement de l’espace non bâti public vers celui plus privatif du square et de l’entrée du bâtiment : les bâtiments enserrent le terrain depuis les rues tout en ouvrant l’accès à l’édifice depuis la croisée des voies au moyen du volume échancré ( l’espace non bâti est d’ailleurs dilaté à cet endroit et demande à être davantage « tenu », structuré par des masses bâties ) et va dans le sens de l’amélioration de la configuration urbaine existante en créant l’événement spatial nécessaire à l’identification rapide de l’édifice et en permettant l’enrichissement visuel des espaces publics du quartier.
L’architecte.



